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il sogno/le rêve (poèmes inédits)

I

ho ancora perso il filo d’Arianna del sogno
di quel qualcosa di preciso e caotico
che mi ha riempito e svuotato

se cerco di bussare
le sue porte m’inceneriscono le mani






j’ai encore perdu le fil d’Ariane de ce rêve,
de cette chose à la fois précise et chaotique
qui m’a comblé et vidé

si j’essaie de frapper
ses portes réduisent en cendre mes mains

II

appena apri gli occhi si spengono le luci del palcoscenico
ma dal sipario socchiuso spirano venti
portando ragnatele dove sono rimasti impigliati
come lampi giacciati tra nubi
echi di quelli che si erano esibiti in nuovissimi numeri

le ragnatele ti avviluppano
in un bozzolo
ispido di punti di domanda

dès que tu ouvres les yeux, les lumières de la scène s’éteignent
mais du rideau entrouvert soufflent des vents
apportant des toiles d’araignée où ils sont restés pris
tels des éclairs figés entre les nuages
les échos de ceux qui s’étaient produits dans des numéros tout nouveaux

les toiles d’araignée t’enveloppent
dans un cocon
hérissé de points d’interrogation

III

rombano ancora al risveglio i motori dei sogni

da qualche parte la tua barca si è incagliata
le eliche girano forte mischiano
acqua e sabbia alghe coralli pezzi di pesci
e rifiuti d’ogni tipo

quando tuonano così gli abissi
avanziamo a tentoni sul pelo dell’acqua

les moteurs des rêves vrombissent encore au réveil

quelque part ton bateau s’est échoué
les hélices tournent à plein régime mélangeant
eau et sable algues coraux morceaux de poissons
et déchets de toutes sortes

quand les abysses grondent ainsi
nous avançons à tâtons à la surface de l’eau